Le Parc National de l’Ahaggar[1]

 

Le Parc National de l’Ahaggar est un espace protégée de 450 000 Km2. Situé au cœur du plus grand désert au monde, à 2 000 Km des cotes méditerranéennes. Il comprend des richesses et un héritage naturel et culturel rares et fragiles. Où, les espèces, plantes et animaux, les sites paysagers, le patrimoine archéologique et culturel sont spécifiques et présentent un intérêt particulier. C’est est un important terrain pour la recherche scientifique et l’observation de la nature. C’est aussi un lieu de détente et d’activité du tourisme culturel et écologique.

 

Le Parc national de l’Ahaggar est un grand livre de géologie dont les premières formations remontent à plus de 3 milliards d’années. Il y a 350 millions d’années, l’Ahaggar était immergé et la plaine du Tidikelt est recouverte d’une forêt équatoriale, aujourd’hui fossilisée. Entre 65 millions et 1 million d’années, la région a connu une intense activité volcanique ayant donné naissance à de grands cratères à l’exemple de Tiguet N’Herhi et formé les reliefs montagneux de l’Atakor comme l’Assekrem et le mont Tahat, point culminant d’Algérie à 3003 mètres d’altitude. Ces activités ont peu à peu modelé le paysage actuel, affiné par l’érosion éolienne.

 

L’une des originalités de l’Ahaggar est la présence de plans d’eaux libres permanents. Les gueltates ou « aguelmam » sont des sources d’eau qui coulent parfois en cascade. Elles constituent le principal facteur de développement des biocénoses sahariennes.  Issakarassen et Afilal sont classées zones humides d’importance internationale par la convention Ramsar.

Les gueltates sont des abreuvoirs naturels pour les animaux et ont un rôle fondamental dans le déroulement des migrations saisonnières d’oiseaux. La richesse floristique de l’Ahaggar est composée de 370 espèces d’origines diverses adaptées aux conditions climatiques extrêmes de la région. La faune est très diversifiée et compte plus de 200 espèces.

 

Le Parc National de l’Ahaggar renferme des sites archéologiques qui témoignent d’une occupation remontant aux âges les plus reculés de l’humanité. Le sol est ponctué de sites, de vestiges et d’outils produits et utilisés puis abandonnés par les hommes préhistoriques depuis plus de 1 million d’années. L’Ahaggar est l’un des plus anciens foyers d’invention de la céramique au monde (plus de 10 000 ans). L’Ahaggar c’est également ces milliers de gravures et de peintures du mode d’expression artistique rupestre. Sur les parois et sous abri rocheux, depuis 13 000 ans, l’homme s’est exprimé en représentant son monde, les éléments de son environnement naturel, des esquisses de sa vie quotidienne, des mythes, des formes schématiques puis de l'écriture berbère (ou tamazight) d’où subsiste le tifinagh. Le Parc National de l’Ahaggar abrite des milliers de monuments funéraires et de structures architecturales diverses, datés de plus de 6 000 ans, qui témoignent de la particularité du rapport entretenu entre le monde des vivants et celui des morts.

 

Le monde minéral est parfaitement assimilé à la vie, chaque montagne a une légende. Parmi les pratiques musicales ancestrales figurent, l’Imzad et le Tindé. Le Patrimoine culturel immatériel dont la tradition orale et les mythes fondateurs véhiculent un héritage ancestral enraciné dans la plus profonde mémoire de la société. Des pans entiers de cette mémoire collective sont entretenus et contés au fil des générations, conjugué aux mélodies de l’Imzad, ces odes nous invitent à un voyage onirique.

 

Par : OPNA 2006

 

 



[1] L’Office du Parc National de l’Ahaggar a été crée par décret présidentiel n° 87-231 du 3.11.1987.

La réglementation du Parc national de l’Ahaggar est précisée par le décret présidentiel  n° 87-232 du 3.11.1987.

L’Office du Parc National de l’Ahaggar est sous la tutelle du Ministère de la Culture.